top of page
  • Photo du rédacteurClaudine

2006 : L'accident de la mine de Huanuni.



Jean-Claude et moi avons connu beaucoup de joies à la Casa depuis 1993 mais aussi bien de évènements pénibles.


Je voulais vous raconter l'accident de la mine de Huanuni.

Nous sommes en 2006 : à 4.000 mètres d'altitude, enfouis sous une poussière grise et une misère noire et écrasante, les villages miniers de Llallagua, Catavi, Huanuni ressemblent aux travaux forcés à perpétuité.


Des enfants de la Casa nous viennent parfois de ces enfers misérables. Les petits orphelins sont nombreux, livrés à eux-mêmes dans un site pollué à l'extrème par les produits utilisés pour nettoyer les métaux. Pour continuer à vivre, ils descendent dans la mine dès l'âge de 10 ans, se mettent à boire l'alcool frelaté que buvaient leurs pères, ne connaissent pas l'école. A Huanuni les coopératives de mineurs ont progressivement dilué leur objectif social. La plupart fonctionnent comme des entreprises privées, recherchant les bénéfices et surexploitant leurs travailleurs affiliés.

Au fil des ans, les "cooperativistas" ont gagné le surnom de "déprédateurs". Jeudi, ils ont littéralement attaqué, dans l'intention de les déloger et de les supplanter, les 1.200 mineurs qui travaillent dans la mine de Huanuni, des salariés de l'entreprise publique COMIBOL (Corporacion Minera de Bolivia), propriétaire de l'exploitation. Les victimes appartiennent aux deux camps.Les combats à la dynamite, au fusil et à coups de pelle ont fait les 5 et 6 octobre 2006 en Bolivie 16 morts et 81 blessés lors d'affrontements entre mineurs pour le contrôle de la mine d'étain de Huanuni, la plus importante d'Amérique du Sud. 9 petits orphelins nous viennent de Huanuni, le village a été complètement détruit par l'explosion de pneus de camion remplis de dynamite. Parfois pour survivre dans de pareilles conditions, il faut tenter d'oublier les rancoeurs et la sauvagerie des hommes. Rien ne fut facile dans la courte vie des enfants de la Casa mais quand on voit leur sourire et leur joie de vivre chez eux, en famille, dans leur "casa de Niños", que pourrions-nous demander de plus sinon l'aide et le soutien de chacun.


Kommentare


bottom of page