• Claudine

L'Oriente : Béni


CC kakaka

Périples dans un pays de contrastes.


C'est la terre la plus vaste du pays mais aussi la moins connue et la moins peuplée. Divisé en deux départements, ( les terres basses du bassin amazonien du Beni et les forêts et savanes du Pando qui entourent la ville de Santa Cruz) l'Oriente bolivien était considéré comme le moteur de l'avenir du pays ... mais il y manque beaucoup d'organisation, de développement et de population.

Trinidad, Capitale du Beni est une petite bourgade bien agréable quoi que surprenante avec ses hivers torrides ( 37° au mois d'août), L'incessant manège de motos autour de la petite place bordée de palmiers géants, le chant de oiseaux des tropiques et les rues accablées de soleil en font une tout autre Bolivie.

A 13 kilomètres de Trinidad, l'ambiance tantôt très sympathique, tantôt délirante et accablante de la forêt amazonienne emmène les globe-trotters dans un monde incroyablement épuisant. Avant d'atteindre le fleuve Mamoré, on rencontre d'abord les grands troupeaux de zébus, les vaches indoues anguleuses qui semblent flotter sous des manteaux trop larges puis la population qui se compose de petits groupes d'origine Guarani et d'autres ethnies amazoniennes.

Les Guaranis sont accueillants , ils offrent aux étrangers, une boisson sucrée appelée "leche de tigra" dont il ne faut pas abuser du fait qu'elle ne contient pas que du lait ! Parmi eux, on trouve les guides sympathiques qui emmènent les rares touristes sur le Mamoré pour leur enseigner l'art de pêcher le "piraña".

Si vous craignez les moustiques qui se posent sans arrêt et par milliers sur les pauvres touristes mal équipés, évitez l'Amazonie.

Jamais forêt plus luxuriante n'aura impressionné autant Jean-Claude et Claudine qui ont connu des heures inoubliables malgré les dangers qu'elle représente. Les caïmans du Mamoré les ont salués de leurs sourires aux dents acérées, les kapiwaras ont plongé tête la première pour éviter leurs regards curieux, les fourmis rouges leur ont fait des haies d'honneur tout le long des sentiers, les anacondas et les mygales se sont terrés pour ne pas les effrayer, les villageois de la forêt, timides et nus, leur ont appris à fabriquer des filets pour la pêche et la recette pour cuisiner les petits singes qui peuplent les grands arbres.


Le soleil du Béni les a brûlés de mille feux, mais le souvenir d'un tel séjour restera gravé dans leur mémoire. La riche culture de ces ethnies qui s'enduisent le corps d'une racine pilée pour qu'aucun animal ne les approche et qui mangent les fruits de l'abre "à chocolat" leur a fait comprendre combien ils avaient encore de choses à apprendre dans un monde si différent.